Rothen : «Certains énervent»
Le milieu gauche du Paris-SG, retenu en équipe de France pour affronter la Hongrie, mardi à Metz, a confirmé qu'il resterait dans le club de la capitale la saison prochaine. Il s'attend à évoluer dans une équipe capable de jouer le titre, renforcée par des joueurs «de talent» et délestée de «certains» joueurs, «qui énervent» les autres dans le vestiaire parisien.
«Jérôme Rothen, vous avez rencontré le président du PSG, Pierre Blayau, jeudi. Vous vouliez des garanties pour la saison prochaine.
Je les ai eues, et je suis content de les avoir eues. L'équipe sera compétitive. Avec le président, nous sommes sur la même longueur d'ondes, nous avons la même ambition. La Ligue des champions, c'est-à-dire l'une des trois premières places, et si vous voulez mon sentiment, pour moi, ça veut dire le titre. C'est clair dans mon esprit. Mais ce n'est pas possible si on garde le même groupe.
Vous avez évoqué cet assainissement du vestiaire avec lui ?
Oui, on a parlé de tout ce qui pouvait bloquer la performance de l'équipe. L'ambiance, entre autres. Ça ne fait pas longtemps qu'il est là, pourtant il a senti la même chose que tout le monde. Sans citer de noms, il y a des joueurs qui ne peuvent plus faire partie du groupe. Mais cela ne suffira pas. Il faut aussi renforcer le groupe par des joueurs de talents. On manque de génie, nous avons été clairement défaillants à certains postes. Le président m'a donné des noms en vue du recrutement. Vous les connaissez, puisqu'ils sont sortis dans la presse.
La mauvaise ambiance a entraîné les mauvais résultats ou vice versa ?
Les résultats n'ont pas aidé l'ambiance. Il y avait un malaise au départ, les résultats n'ont pas été bons, et tout s'est enchaîné. Si je me contente de dire qu'il y a une mauvaise ambiance dans le vestiaire et qu'on termine à la deuxième place, passe encore. Mais là, on termine à la neuvième place, on la mérite, et c'est le résultat de ça. Le quotidien est pesant pour pas mal de joueurs. J'observe, je vois. Beaucoup de joueurs ne parlent pas mais n'en pesent pas moins. Il faudra aussi que la mayonnaise prenne à l'intérieur du groupe lors du stage d'avant-saison. Laurent (Fournier) a bien entamé ce travail. On a terminé la saison beaucoup plus cohérents dans le jeu, même si c'était irrégulier. Maintenant, les dirigeants savent ce qu'ils ont à faire.
Pour bien comprendre, que s'est-il passé cette saison. Certains joueurs ne se parlaient plus ?
On se dit bonjour, et voilà. On sait que certains énervent. Ça ne concerne pas une majorité de joueurs. Heureusement. Mais comme dans un groupe qui va mal, il y a des clans, et ceux qui naviguent entre eux. Il faut le départ de certains. Dans mon tête à tête avec le président, je n'ai pas pointé spécifiquement de joueurs. Je n'en voyais pas l'intérêt. Et je n'aurais pas aimé que d'autres le fassent dans mon dos. J'ai parlé de mon cas, de la façon dont je voyais les choses.
José-Karl Pierre-Fanfan a encaissé beaucoup de critiques ces derniers temps, notamment de la part de Pierre Blayau.
Il a eu une saison dificile. Il a été responsable sur pas mal de buts, malheureusement pour lui, en plus il était notre capitaine. Il a plongé avec l'équipe. Je ne peux pas critiquer José, il a fait de son mieux. Son rôle était d'aller voir la presse après chaque match, chaque défaite, pour décortiquer ce qui n'allait pas. Il en a pris plein la tête. Il va prendre du recul. Il ne voulait pas spécialement prendre le brassard. Tout le monde ne peut pas être capitaine. C'est peut-être la personne qui lui a donné le brassard qui a mal fait.
Ce brassard vous intéresse-t-il ?
Moi, mon rôle de leader, je le conçois surtout sur le terrain, dans le jeu de l'équipe. J'ai été pris pour être décisif. Le brassard, on n'en a pas parlé. Trois ou quatre noms ressortent. On l'évoquera tranquillement pendant le stage d'avant-saison, ce qui n'avait pas été le cas l'année dernière. Si je fais l'unanimité et qu'on me dit "tiens, le brassard te revient", je ne vais pas me dégonfler. Mais un ou deux autres joueurs peuvent le prendre, par rapport au recul qu'ils ont sur l'équipe.»
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